
« Tout en prenant conscience que cette catégorie, du fait de son expansion numérique, s’est beaucoup diversifiée, on peut dire maintenant que le cadre, d’un certain point de vue, est le miroir grossissant du travail. Autrefois existait la coupure entre exécutants et encadrants. Aujourd’hui les formes du travail ont changé avec ce qu’on peut appeler le capitalisme d’innovation. Même s’il est juste de dire qu’il y a eu une révolution financière qui a donné le pouvoir à l’actionnaire, une autre caractéristique du capitalisme contemporain est qu’on est passé d’un capitalisme d’organisation – avec des normes, des règles, des prescriptions, qui organisent le travail – à un capitalisme d’innovation où il est important de mobiliser la capacité à s’adapter, parce que le monde n’est pas stable et bouge en permanence. Le travail est d’abord défini par des capacités d’adaptation, de réactivité, de coopération aussi, alors que lorsque l’on obéit à des règles, la question de la coopération est relativement secondaire. La figure du cadre est le miroir grossissant de ce nouveau capitalisme d’innovation, avec toutes ses contradictions et ses problèmes ». Pierre Rosanvallon lors des 15 ans de l’Observatoire des Cadres, 29 mars 2012, in Jean-Marie Bergère et Yves Chassard, « […] Read More

38ème séminaire Observatoire des Cadres. Vendredi 16 octobre 2015 à 9h Auditorium CFDT, 2 boulevard de la Villette, Paris 19 Trouver du sens à son travail est une exigence qui, lorsqu’elle est satisfaite, participe à la qualité du travail et à la qualité de la vie. Le sens d’un travail n’est ni attribué par des directions depuis une position extérieure à l’activité elle-même ni issu d’un répertoire constitué de valeurs au sein duquel chacun pourrait puiser et choisir. Il n’est pas non plus le simple résultat de démarches d’évaluation telles qu’elles sont pratiquées en entreprise et dans l’administration. D’où vient le sens au travail ? Il correspond à la possibilité de repérer dans son activité de travail des moments ou des aspects auxquels on tient, d’y former des fins et des désirs, et de s’y engager. Ce que chacun regarde comme son « vrai boulot », ce qui vaut pour lui, n’est pas pour autant une affaire individuelle : il engage un souci d’inscrire son activité dans un processus productif plus large. Et au-delà, à quelles conditions mon travail participe non seulement à ma « formation professionnelle » mais aussi à ma dignité, à mon émancipation, à mon indépendance, au […] Read More